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Un Monde Ailleurs ... Ailleurs ... des Mondes ...Quand le Sage montre le Ciel du doigt ... l'idiot ne voit que le doigt ... Proverbe chinois .... May 30 Le Saint GraalLE SAINT GRAAL
Il y a abondance d’interprétations des légendes qui parlent du Saint Graal.
Les savants et les chercheurs les plus sincères se sont occupés de ce secret.
Beaucoup ont une haute valeur morale;
mais toutes ces recherches portent en elles-mêmes la grande erreur,
d’être une construction partant de la terre vers la hauteur,
tandis que la chose principale manque,
à savoir le rayon de Lumière partant du haut vers le bas,
alors que lui seul pourrait apporter la vie et l’inspiration.
Tout ce qui aspire du bas vers le haut doit faire halte à la limite de la matière,
même s’il lui est accordé d’atteindre au faîte.
Dans la plupart des cas, cependant, il n’est possible,
en partant des conditions les plus favorables,
de parcourir que la moitié du chemin environ.
Mais on est encore bien loin de la vraie connaissance du Saint Graal !
Cette intuition de l’impossibilité de toucher au but se fait sentir finalement chez les chercheurs.
Il s’ensuit qu’ils essayent alors de faire du Graal
la dénomination purement symbolique d’une idée
et de lui donner ainsi l’élévation dont ils ressentent intuitivement
et très justement la nécessité pour cette dénomination.
Mais c’est ainsi qu’ils reculent au lieu d’avancer,
qu’ils descendent au lieu de monter.
Ils s’écartent du vrai chemin que les poèmes portent déjà en partie en eux.
Seuls ceux-ci laissent pressentir la vérité;
mais seulement pressentir,
parce que les inspirations élevées et les rêveries imagées du poète
étaient trop fortement influencées par des conceptions terrestres,
du fait de la collaboration de l’intelligence à leur transmission.
Elles attribuèrent à la transmission de ce qu’elles avaient spirituellement recueilli,
l’image de leur entourage terrestre actuel,
afin de rendre le sens de leurs œuvres plus compréhensible aux hommes,
ce qui ne leur réussit d’ailleurs pas,
parce que les poètes eux-mêmes ne pouvaient approcher
du noyau authentique de la vérité.
C’est ainsi que, de prime abord, les scrutateurs et les chercheurs qui vinrent plus tard se trouvèrent sur un terrain peu sûr
et que chaque progrès fut confiné dans d’étroites limites.
Dès lors il n’est pas étonnant qu’on ne puisse encore penser qu’à une symbolique pure
et qu’on aît fait pénétrer la Rédemption par le Graal
dans le moi le plus intime de chaque homme.
Certes les interprétations existantes ne sont pas dénuées d’une grande valeur morale;
mais elles ne peuvent aucunement prétendre à expliquer les poèmes,
et, encore beaucoup moins, à s’approcher de la vérité du Saint Graal.
Par le Saint Graal an ne désigne pas non plus le vase que Jésus utilisa à la fin de Sa vie terrestre,
lors de la Cène avec ses disciples,
et dans lequel fut recueilli son sang sur la croix.
Ce vase est un souvenir sacré de la grande œuvre de Rédemption du Fils de Dieu;
mais ce n’est pas le Saint Graal qu’ont chanté les poètes des légendes.
Ces poèmes ont été mal compris par l’humanité.
Ils devaient être des promesses des Hauteurs les plus élevées dont les hommes peuvent attendre les accomplissements.
Si on les avait comprises comme telles,
on aurait depuis longtemps trouvé un autre chemin
où les recherches auraient pu un peu plus avancer que jusqu’à maintenant.
Mais, de cette façon, il y eut un point mort dans toutes les interprétations,
car jamais il n’eut été possible d’arriver à une solution complète
et sans lacunes, parce que, dès le principe,
le point de départ de chaque recherche était une base erronée placée sur un terrain faux. –
Jamais un esprit humain, encore qu’il eut atteint, à la fin, la plus grande perfection et l’immortalité
ne pourrait être en présence lui-même du Saint Graal.
C’est également pour cela qu’un message complet ne pouvait jamais venir de là
vers la matière terrestre, à moins que ce soit par un messager partît de là.
Le Saint Graal doit donc toujours et à jamais demeurer un mystère à l’esprit humain.
Que l’homme en reste donc à ce qu’il est capable de saisir spirituellement et qu’il essaye, avant toute chose,
d’accomplir et de faire le plus noblement fleurir ce qui est dans ses moyens.
Mais, hélas, dans son ambition, il ne passe que trop volontiers bien au-dessus,
sans développer son véritable savoir,
en quoi il commet une légèreté, qui fait qu’il ne peut atteindre
ce qu’il pourrait et qu’il ne pourra, en tout cas, jamais atteindre ce qu’il voudrait.
Il se prive du plus haut et du plus sublime dans son être véritable;
il n’arrive qu’à un échec absolu dans l’accomplissement de son but d’existence.
Parsifal est une grande promesse. Les défauts et les erreurs que les poètes des légendes y ont ajoutés
par leur imagination trop terrestre, en défigurent l’être véritable.
Parsifal est un avec le Fils de l’Homme,
dont la Venue a été annoncée par le Fils de Dieu lui-même.
En Messager divin, il doit traverser les tourments les plus accablants de la terre,
comme un homme entre les hommes avec un bandeau sur ses yeux spirituels.
Libéré après un certain temps de ce bandeau, il doit de nouveau retrouver son point d’origine,
puis se rendre compte par lui-même de sa mission.
Celle-ci entraînera la délivrance de l’humanité qui cherche sincèrement,
mais sera liée à un jugement sévère.
Pour cela on ne peut pas admettre un homme quelconque,
encore bien moins peut-on y reconnaître là-dedans les épreuves vécues éventuelles
des plusieurs ou même de la totalité des hommes.
Ce sera un délégué, un élu, un ambassadeur extraordinaire
qui portera ces possibilités en lui.
Dans l’application des lois inviolables de la volonté divine il n’est pas possible que chacun puisse, après le cours de son évolution,
retourner ailleurs qu’au point de son départ originaire,
mais non le dépasser, même dans sa perfection la plus haute.
Il en est de même de l’esprit humain. Il a son origine, comme grain de semence,
dans la spiritualité substantielle, où il peut retourner en toute perfection
et ayant acquis la pureté vivante, comme esprit conscient sous une forme substantielle.
C’est là que, dans les conjonctures les plus favorables,
son chemin peut le conduire dans le vestibule du Manoir du Graal
que se dresse au plus haut de la spiritualité substantielle
et qui forme dans celle-ci la porte d’accès aux marches du trône sur lequel l’origine de tout Être,
Dieu le Père, dans sa Divinité insubstantielle,
s’enveloppe temporairement du manteau de la Divinité substantielle,
donc qui prend une forme.
Aucun être de la spiritualité substantielle si haut, si pur et si lumineux qu’il soit
n’est capable de franchir la limite de la Divinité.
La limite et la possibilité de la franchir reposent ici,
comme dans les sphères ou les plans de la création matière,
simplement dans la nature des choses, dans la diversité des genres.
Tout en haut et sublime il y a Dieu lui-même, dans sa Divinité insubstantielle.
Puis vient immédiatement en-dessous la spiritualité substantielle.
Toutes les deux sont éternelles.
Ensuite s’ajoutent en descendant de plus en plus l’œuvre de la création matière,
d’abord la matière noble gazeuse,
devenant dans les sphères et les plans inférieurs de plus en plus dense
jusqu’à la matière vile finale, visible pour les hommes.
La matière noble dans la création matière, c’est cet Au-delà dont parlent les hommes.
Ainsi ce qui est au-delà de leur capacité de vue terrestre.
Mais toutes deux appartiennent à l’œuvre de la création,
ne sont pas éternelles dans leurs formes,
mais sont soumises au changement en vue de l’évolution et du rafraîchissement.
Au point de départ le plus élevé de l’éternelle spiritualité substantielle se dresse le Manoir du Graal, spirituellement visible et tactile
parce qu’il est de la même espèce que la spiritualité substantielle.
Ce Manoir du Graal renferme une salle
qui est elle-même placée à la limite la plus extrême de la Divinité, é
tant donc encore plus éthérisée que toute autre spiritualité substantielle:
C’est dans cette salle que se trouve,
comme gage de l’éternelle bonté de Dieu le Père
et comme symbole de son amour divin le plus pur,
ainsi que comme point de départ de la puissance divine:
Le Saint Graal!
sans cesse comme du sang rouge, qui jamais ne déborde.
Entouré des rayons de la Lumière la plus éclatante,
la grâce n’est donnée qu’à ceux qui sont les plus purs des spirituels substantiels
de pouvoir contempler cette Lumière.
Ceux-là sont les gardes du Saint Graal.
Si on dit dans les légendes
que les hommes les plus purs sont destinés à devenir gardes du Graal,
c’est un point que le poète inspiré a conçu de façon beaucoup trop terrestre
parce qu’il ne pouvait s’exprimer autrement.
Aucun esprit humain ne peut entrer dans ce lieu sacré.
Même dans sa spiritualité substantielle la plus épurée
après son retour de la course à travers la matière,
il n’est pas encore assez éthérisé pour franchir le seuil,
autrement dit, la limite de ces lieux.
Même à son plus haut degré de perfection dans la substantialité,
il est encore trop dense pour cela.
Une éthérisation ultérieure serait pour lui l’équivalent à la décomposition
ou à la combustion absolue, parce que son genre,
d’après l’origine, ne se prête pas à devenir plus rayonnant,
plus lumineux, donc à être encore plus éthérisé.
Son genre ne le supporte pas.
Les gardes du Graal sont des Éternels, purs spirituels qui ne furent jamais hommes,
les cîmes de toute la spiritualité substantielle.
Mais ils ont besoin de la force divine insubstantielle;
ils dépendent d’elle,
comme tout est dans la dépendance de la Divinité insubstantielle,
de l’origine de toute force, de Dieu le Père.
A une certaine époque, au jour de la Sainte-Colombe, celle-ci apparaît sur le vase comme le signe renouvelé de l’invariable amour divin du Père.
C’est l’heure de la communion qui apporte un renouvellement de force.
Les gardes du Graal la reçoivent avec une dévotion prosternée
et peuvent alors transmettre cette force miraculeuse qu’ils ont reçue.
L’existence de toute la création en dépend. l’amour du Créateur se répand pour un nouvel être,
pour l’impulsion de l’action nouvelle,
laquelle se répartit comme par des pulsations dans tout le cosme.
Un tremblement parcourt les sphères,
tel un frisson sacré de joie pressentie, d’un grand bonheur.
Seul l’esprit des hommes terrestres se tient encore à l’écart
sans ressentir intuitivement ce qui arrive précisément à lui,
quel don inoui il accepte avec stupidité,
parce que son propre rétrécissement dans l’intelligence
ne lui permet plus de saisir une telle grandeur.
C’est l’instant d’approvisionnement de vie pour la création entière. que tient le Créateur en face de son œuvre.
Si cette communication était coupée une seule fois,
si elle venait à manquer, tout l’être viendrait lentement à dépérir,
à tomber en décadence et en ruine.
Alors viendrait la fin des jours et Dieu demeurerait seul,
comme il était au début; parce que lui seul est la vie.
Ce fait est reproduit dans la légende. Il y est même indiqué comment tout doit vieillir et passer,
par la décrépitude des chevaliers du Graal,
si le jour de la Sainte Colombe,
le dévoilement du Graal ne revient pas,
pendant le temps où Amfortas ne dévoile plus le Graal
jusqu’à l’heure où Parsifal se présente comme roi du Graal.
L’homme devrait en revenir de ne considérer le Saint Graal que comme quelque chose d’insaisissable, car il existe réellement.
Mais il est refusé à l’esprit humain de pouvoir jamais le contempler, suite de sa constitution.
Cependant la bénédiction qu’il répand et qui peut être,
et est transmise par les chevaliers du Graal,
les esprits humains peuvent la recevoir et en jouir.
Dans ce sens, il y a quelques interprétations que l’on ne peut considérer
comme fausses tant qu’elles n’essayent pas d’impliquer
dans leurs explications, le Saint Graal lui-même.
Elles sont justes sans l’être.
L’apparition de la Colombe au jour fixé de la Sainte Colombe indique la mission périodique du Saint-Esprit,
car cette Colombe est en étroits rapports avec lui;
mais c’est une chose que l’esprit humain ne peut saisir qu’au figuré,
parce que, du fait de la nature des choses, au cours de son évolution la plus élevée,
il ne demeure capable en réalité de penser,
de savoir et d’éprouver intuitivement que jusqu’au point
d’où il est venu lui-même, donc jusqu’au genre qui s’identifie
à la constitution la plus pure de l’origine.
C’est la pure spiritualité substantielle éternelle.
Cette limite, il ne pourra jamais la franchir, même par la pensée.
Il ne pourra jamais non plus saisir autre chose.
Cela va tellement de soi-même, c’est si logique et si simple
qu’il est possible à chacun de suivre cet ordre d’idées.
Pour cette raison, ce qui est au-dessus restera et doit rester pour toujours un secret pour l’humanité.
C’est pourquoi chaque homme vit dans une illusion trompeuse, qui s’imagine porter Dieu en lui-même,
ou être lui-même divin ou de pouvoir le devenir.
Il porte en soi du pur spirituel, mais pas du divin.
C’est là que gît la distinction infranchissable.
L’homme est une créature et non une partie du Créateur
comme beaucoup essayent de se le figurer.
L’homme est et demeure l’œuvre
et ne pourra jamais devenir l’artisan.
C’est aussi pourquoi il n’est pas juste de dire que l’esprit humain émane de Dieu lui-même et qu’il retournera à lui.
L’origine de l’homme est dans la Spiritualité substantielle
et non dans la Divinité insubstantielle.
C’est pourquoi encore il ne peut, même s’il atteint la perfection,
que retourner jusqu’à la spiritualité substantielle.
On dit à juste raison que l’esprit humain est issu du règne de Dieu
et c’est ainsi que, lorsqu’il sera parfait,
il pourra retourner dans le règne de Dieu,
mais dans son règne et non pas en lui.
Or, le règne de Dieu, c’est la pure spiritualité substantielle.
Le Fils de Dieu est devenu le médiateur entre la Divinité insubstantielle et la pure spiritualité substantielle.
Il vient du fond de la Divinité insubstantielle
pour entrer dans la spiritualité substantielle
comme il est venu dans le temps dans la matière.
La Venue du Fils de l’homme amène
l’achèvement de la haute mission divine du Fils de Dieu.
Après son accomplissement,
le Fils de Dieu retournera tout à fait dans la Divinité insubstantielle,
tandis que le Fils de l’homme prendra possession
à sa place de la fonction de médiateur et par là,
deviendra le guide des gardes du Saint Graal,
le roi du Graal qui garde fidèlement le vase sacré.
Le Fils de l’homme sera alors l’alpha et l’omega pour l’esprit humain puisqu’il apporte
le commencement et la fin de la compréhension de l’esprit humain;
car il est capable de franchir la limite de la Divinité insubstantielle
et d’embrasser l’ensemble d’un seul coup d’œil.
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